Bilan du confinement


Ce n’est pas obligatoire de faire ce bilan, mais j’en ai besoin. Écrire noir sur blanc ces 50 jours de confinement me semble être une forme de finalité à empaqueté dans un de mes tiroirs.

Un temps particulier que tout le monde a expérimenté, sans exception ! Incroyable tout de même ! Il me semble que c’est bien la première fois qu’une grande partie de l’humanité vit la même chose !

Et puis les animaux ? Ils ont vécu aussi cette période spéciale, la seule différence c’est qu’ils n’étaient pas prévenus, eux ! Mais ils se sont rattrapés non ? On tous vu les vidéos des animaux de la forêt déambuler en ville, les eaux redevenues cristallines de Venise, suffisamment pour que les dauphins y reviennent. Je sais pas vous, mais moi ça ne m’a pas laissé de marbre, cette partie à un vrai poids dans la balance de la positivité. La nature a repris ses droits ! Et on sait que si l’homme disparaissait, la nature en serait que mieux portante, il ne lui faudrait pas longtemps pour effacer notre passage sur terre… Bon je m’éloigne là !

Parenthèse à part, j’avais envie de faire ce point au moins sur ma vie de ces dernières semaines.

Déjà, je ne me suis pas ennuyée, bien au contraire, je suis plus fatiguée qu’avant !

Mais pourquoi donc ? On a attaqué, avec l’aide de mes enfants, le défrichage du jardin qui ressemblait à une forêt vierge, c’est redevenu un jardin ! Youpi, ça fait du bien, en solo je n’imaginais même le faire, trop fastidieux.

Ensuite il a fallu gérer le décès de mon ex-mari, bon c’était mon ex-mari et techniquement je n’avais rien de précis à faire, ses quatre grands garçons se sont occupés de tout.
Mais il y a notre fille de 12 ans qui déjà vivait la maladie de son père depuis de longs mois avec beaucoup de difficultés (maladie de Charcot) les séances chez son psychiatre n’étaient pas du luxe.

Il a décidé de décéder la veille du premier jour du confinement ! Ben oui ! Et je t’avoue qu’il l’avait prévu comme ça.
Il faut savoir que depuis qu’il avait appris qu’il était malade il avait refusé toute aide médicale, c’est son droit.
Les derniers jours furent compliqués toutefois, avec plus du tout de possibilités de s’alimenter, il aurait du avoir des soins palliatifs pour quitter ce monde avec zénitude, mais non, le confinement se préparait déjà et les hôpitaux surchargés. Je l’ai vu le vendredi, il a difficilement pianoté quelques mots sur son clavier de téléphone…

 » C’est la fin, je suis prêt, je vous laisse dans ce merdier que vous allez vivre, vous allez connaître l’effondrement, je partirai avant. « 

Cela m’a fait froid dans le dos, bien sûr parce qu’il annonçait lui-même sa mort, et cette histoire d’effondrement, je me pose encore la question, mais je trouve qu’on est pas loin du compte, on verra ce qu’il va se passer dans les semaines et mois à venir et on en reparlera. J’espère que ceux qui nous dirigent vont ouvrir un peu les yeux, au moins sur la nature, mais bizarrement j’en doute.

Le décès de mon ex donc, beaucoup de tristesse et d’émotion, nous nous sommes dit de belles choses, nos derniers temps furent compliqués et nous avions des différents, mais ce jour-là il m’a dit que ce n’était pas grave et qu’il m’aimait quand même, c’était humide et beau à la fois ces mots-là.

Notre fille a vécu ce passage de la vie à la mort dans l’ombre, dans le retrait, elle était préparée et très accompagnée.
La période qui a suivie fut plus laborieuse, le deuil après la mort, le retour à la réalité de la vie sans son papa, elle ne conversait plus avec lui depuis longtemps mais elle pouvait lui envoyer des « je t’aime mon papa » et lui de répondre même s’il loupait des touches de son téléphone avec son seul pouce qui fonctionnait encore. J’ai vu qu’elle lui avait envoyé un dernier « je t’aime » une heure après avoir su qu’il était parti.

Elle a passé des nuits à dormir avec moi, elle a eu des peurs nocturnes, angoisses et cauchemars et ce n’est pas fini. Elle a repris les séances avec son psy en visioconférence et ça lui fait du bien, il y a une vilaine petite fille habillée de blanc qui vient hanté ses nuits, elle a un couteau dans la main, des cheveux longs bruns en broussailles, elle l’a dessinée sur la demande de son psy, brrrr elle me fait froid dans le dos.

Bon, on arrête de pleurer hein ?  Quoi que…

Ma fille aînée de 26 ans a passé le premier mois de confinement avec nous, venue au départ pour les obsèques, elle est repartie chez elle ensuite.
Elle me manque bien sûr, c’est une jeune femme a qui il a du mal à avoir confiance en elle, elle a un caractère bien trempé et bien qu’elle soit assez dure elle est aimée de beaucoup de monde, elle est très jolie, mais c’est normal c’est ma fille (oups).

Mon fils de bientôt 23 ans (mon Dieu que ça va vite) est encore avec moi, il repart demain matin pour Aix-en-Provence où il vit, étudiant en droit en Master 1, il verra bientôt si son année est validée. En attendant, ce confinement a chamboulé sa vie à lui aussi. Il s’est affirmé auprès de sa copine sur ses difficultés au quotidien, il est porteur de handicap moteur et très dyspraxique, en clair il a deux mains gauches ! et il a un gros défaut de marche, donc le choix s’est porté pour quitté l’appartement qu’il partageait avec elle et vivre seul avec l’aide d’une tierce personne pour ses tâches ménagères qui pour lui sont un travail pénible, long et jamais satisfaisant, finalement ma mère s’est portée volontaire pour aller l’aider.

Et moi dans tout ça ? me diras-tu. Pfffff et bien je survis ! Hihi ! Entre les cours et travail scolaire de ma fille de 12 ans, ma grande l’a suivi tant qu’elle était sur place, mais après… ? Mon fils a pris le relais et moi de temps en temps, il fallait bien. Maintenant je vais m’y coller toute seule, toutefois elle a trouvé sa vitesse de croisière et sa manière de s’organiser presque seule ! Ouf ! Je pourrais lui faire reprendre le chemin de l’école le 18, mais entre : « pas trop envie » et : « je travaille chez moi », je n’y vois pas l’intérêt, de plus elle s’en sort mieux à la maison.

Je n’ai pas encore parlé de moi ! Bon sang ! Qui me disait il n’y a pas si longtemps que je ne prenais pas assez soin de moi… ? Ah oui je sais 😉 ma copine-consœur à la suite d’une écoute profonde.

Mais c’est surtout que je pense aux autres bien avant moi, bon c’est le cas de beaucoup de mamans hein ? Et je fais partie de ces gens-là qui pensent aux autres avant 😉  mais je me soigne ! 🤪

J’ai quasi fini les corrections du tome 2 de l’histoire de Sophie (1er tome « Ma vie si simple« ) j’ai repris la fin et crois-le je n’arrive plus à m’arrêter, j’ai rajouté au moins deux chapitres !

Ensuite j’ai repris une formation que j’avais achetée sur le management de Facebook, j’avais oublié plein de choses. J’ai quasi fini les cours de ma super coach pour romanciers. Je me suis lancée dans le montage vidéo et je tente de faire un trailer pour « Ma vie si simple ».

Ah oui ! j’allais oublier ! Je m’occupe aussi de vendre ma maison, bastide provençale dans toute sa splendeur, c’est une maison de famille que j’ai pu récupérer il y a un peu plus de vingt ans. Elle est bien trop grande pour moi et ma fille (460m² habitables !) ça fait plus peur que plaisir, je vous rassure, quand il faut faire le ménage surtout ! j’ai du adopter d’avoir tout en triple ! Histoire de ne pas faire des kilomètres par jour tout en restant dans la maison ! Non, je ne rigole pas ! Quand je suis au bureau (2e étage Sud) et que j’ai besoin d’un tournevis qui est au garage (rez-de-chaussée Nord) et bien j’ai vite décidé d’avoir le nécessaire à tous les étages ! Du coup quand je partirais d’ici, j’aurai tout en triple !

Voilà pour le côté maison ! Ah oui, puisqu’on avait bien travaillé dans le jardin on a refait un petit potager, je n’avais pas le courage, mais poussée par ma fille aînée, qui d’ailleurs a tout préparé pour ça, je me suis laissée convaincre et je suis heureuse d’imaginer manger nos tomates bio arrosées en eau de source, trop bien.

Qu’ai-je oublié… ? Ah, mais c’est bien sûr ! La confection de masques en tissus, de toutes les couleurs, trop chouette.

Maintenant le déconfinement se fait tout doucement, mes clients en architecture se bousculent et moi j’ai plus trop envie de dessiner des maisons, je veux faire qu’écrire !!! Mais je ne sais pas refuser un client, je travaille avec un confrère archi depuis plus de 15 ans et il y a une bonne synergie dans notre façon de travailler, alors je ne vais pas le laisser tomber, hein ?

J’ai hâte de pouvoir refaire de la danse aussi et du yoga et reprogrammer mes séances de dédicaces ! Argh ! Paris cette année aurait été merveilleux, mais bon, ça sera pour l’an prochain !

Voilà ! J’avais envie d’écrire ce que je vis là, ce que j’ai vécu ces temps-ci, histoire de te faire partager un peu ma vie.

Maintenant, pour parfaire mon monologue j’aimerai avoir les retours de chacun, qu’avez-vous vécus ? qu’est-ce qui a changé ? qu’avez-vous retrouvé ou pas ? Et qu’est-ce qui est définitivement différent ?

Je veux tout savoir !

Des bises de post-confinée. 😗

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