Lila…

Un extrait – Partie 2 – Lila

Lila

Retour à la vie

La matinée est fraîche, mais le soleil est au rendez-vous. Il a l’air de me promettre de réchauffer mon corps amaigri et peut être de lui donner aussi un peu de couleur.

Je marche d’un pas vif, je me dirige vers le parc Borély où j’aimais flâner autrefois…

J’avance vers l’immense portail de fer ouvert sur le parc. Je connais les moindres recoins de ces lieux. Lorsque j’étais lasse, que mes yeux ne voyaient plus ce que je faisais à force de concentration sur mes planches de travail, je venais me dégourdir ici.

Je marche sans but, observe les enfants jouer, les nounous pousser des landaus, les vieux sur les bancs qui parlent seuls, le regard dans le vide.

Je commence à me demander si j’ai eu une bonne idée de venir ici. Les cris des bambins me dérangent, les promeneurs sont trop nombreux à mon goût, j’ai l’impression d’être scrutée, cette sensation m’est désagréable.

Et puis les souvenirs d’Iris ressurgissent aussi. Je nous vois assises sur l’herbe, j’aurais pu être une spectatrice nous observant de dos tellement ma mémoire est intacte. Je me fige quand je découvre l’arbre sur lequel je m’étais adossée la dernière fois où nous étions venues.

Iris avait l’habitude de passer chez moi à l’improviste lorsqu’elle estimait le temps trop long sans se voir, elle en profitait pour me sortir de mon travail. Cet endroit était facile, tout proche de mon appartement. Rien ne venait interférer dans cette complicité, c’était un moment à nous. Je la revois me parler avec de grands gestes, elle s’exprimait un peu fort parfois, et quand l’excitation était à son extrême, comme ce jour-là, elle était très allègre.

Je me surprends à sourire à ces souvenirs. Je ne bouge toujours pas, figée au milieu de la pelouse telle une statue, fixant mon morceau d’herbe, je remarque maintenant que les gens me regardent d’un air médusé.

Je me mets en mouvement et m’avance vers ce lieu. Je m’assois à la place où je devais me trouver l’an dernier, à peu près à la même époque. Comme aujourd’hui, le temps est beau et doux pour la saison. Iris était venue me chercher, me bousculant dans mes dossiers, m’obligeant à la suivre pour faire quelques pas dans ce parc. Je n’avais qu’à m’exécuter si j’aspirais à reprendre mon travail au plus tôt, car elle ne m’aurait pas lâchée avant que je sois sortie avec elle.

Je me souviens qu’elle était hystérique et me disait vouloir m’annoncer une grande nouvelle.

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